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Trouver l’équilibre entre empathie et limites avec son enfant

Introduction : le dilemme des parents modernes

Alors que durant des décennies l’enfant n’est pas ou peu considéré, Madame Françoise Dolto (pédiatre et psychanalyste) va dans les années 1970/1980 faire prendre conscience par ses travaux que l’enfant est une personne.

L’éducation va alors prendre un tournant est passer d’une génération d’enfants élevés avec autoritarisme à une génération d’enfants roi.

Par la suite, toutes sortes de pédagogies (parfois anciennes comme celle de Maria Montessori) ont envahies les rayons de livres éducatifs.

D’autre part, une prise de conscience arrive : un enfant a besoin de cadre. Pourtant, l’idée d’être bienveillant et à l’écoute de son enfant demeure. Beaucoup de parents ont peur d’être trop autoritaires ou à l’inverse trop permissifs.

Alors, comment accueillir les émotions de son enfant tout en gardant le cadre ?

Pour répondre à cette question, je vous propose dans un premier temps de comprendre ce qu’est l’empathie dans l’éducation, de comprendre pourquoi les limites sont indispensables, de trouver un équilibre en ayant une posture empathique tout en gardant une fermeté bienveillante, étudier des exemples concrets du quotidien, comprendre les erreurs courantes des parents et pour finir, bénéficier de conseils pratiques pour vous parents.

Et si, en répondant à cette question nous faisions le constat que l’empathie et les limites ne s’opposent pas mais se complètent ?

 1. Comprendre l’empathie dans l’éducation

 a) Qu’est-ce que l’empathie parentale ?

A la naissance le cerveau du bébé n’a pas terminé son développement. Il lui faudra encore plusieurs années pour être « mature ».

De ce fait, entre 0 et 7 ans, votre enfant n’est pas en capacité de gérer ses émotions. D’ailleurs, les premières années, l’enfant ne connait pas les émotions. Il les vit, les ressent mais n’a pas de mot pour verbaliser ce qui se passe dans son corps.

Pour aider votre enfant, il est essentiel de lui montrer que vous voyez qu’il ressent telle ou telle émotion. Cela lui permet d’avoir une reconnaissance de ce qu’il vit. Mais aussi, que vous nommiez l’émotion qu’il ressent. Votre enfant a également besoin d’entendre que vous aussi vous ressentez des émotions. Exemple : « Je vois que tu es triste. Je comprends que tu sois triste parce que ton jouet s’est cassé. Moi aussi, je suis triste lorsqu’un objet auquel je tiens se casse. »

b) Pourquoi l’empathie est essentielle

En faisant preuve d’empathie, votre enfant se sent compris et sécurisé. De plus, cela va favoriser le développement de l’intelligence émotionnelle (c’est la capacité de nommer et gérer les émotions que l’on ressent). Développer l’intelligence émotionnelle de votre enfant permettra notamment qu’il ait confiance en lui, qu’il gère mieux le stress, qu’il crée des relations sociales plus saines…

Faire preuve d’empathie dans votre éducation, permettra également de renforcer le lien parent-enfant. En effet, grâce à cette empathie parentale votre enfant saura qu’il peut vous partager ce qu’il ressent sans craindre d’être incompris ou jugé.

 c) Le piège : confondre empathie et permissivité

L’empathie et la permissivité sont deux choses différentes.

Être empathique c’est comprendre, accepter, accueillir ce que l’autre ressent. En somme, être capable de se mettre à sa place.

Être permissif c’est accepter tout comportement bon ou mauvais.

Vous pouvez donc être empathique sans être permissif.

Exemple : « Je vois et je comprends que tu sois en colère après ton petit frère. Tu as le droit d’être en colère contre lui MAIS tu n’as pas le droit de le taper. Ni lui, ni personne ! »

2. Pourquoi les limites sont indispensables

 a) Les limites rassurent l’enfant

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les limites rassurent et sécurisent l’enfant. Elles permettent de lui donner un cadre prévisible. En effet, l’inconnu et l’imprévu déstabilise et angoisse l’enfant. Le manque de maturité de son cerveau est caractérisé notamment par le besoin de pouvoir anticiper ce qui va arriver.

De plus, donner des limites à un enfant permet de l’aider à se structurer. Par exemple, lui donner comme limite de ne pas frapper, quand il est en colère, lui apprend à adopter un comportement adapter à cette situation. En l’accompagnant dans cette démarche (montrer qu’il est préférable de parler plutôt que de frapper) apprend à votre enfant à communiquer. Il voit qu’il y a d’autres solutions pour partager son émotion.

 b) Les limites apprennent la vie en société

Autrefois, et surtout dans les familles aristocratiques, les enfants recevez des leçons de « bonnes manières ». Au-delà d’apprendre où positionner la fourchette sur une table ou de connaître les formules de politesse à adresser dans telle ou telle situation, les bonnes manières sont un ensemble de règles (donc de limites) qui permettent d’adopter un comportement adapté en société.

En effet, les limites permettent d’apprendre à respecter les autres, à gérer ses émotions et en particulier la frustration. Mais aussi permet de développer l’autocontrôle autrement dit d’être en capacité d’adopter un comportement adapté malgré les émotions que l’on ressent.  

 c) L’erreur fréquente : poser des limites sans connexion émotionnelle

Pour que les limites soient posées clairement, l’enfant a besoin que vous utilisiez un vocabulaire simple, des phrases courtes mais surtout qu’il y ait une connexion émotionnelle.

Pour créer une connexion émotionnelle, vous n’avez même pas besoin d’ouvrir la bouche. Un geste, un regard suffisent.

Mon conseil est de vous adressez à votre enfant en vous baissant à sa hauteur et en le regardant dans les yeux. Si lui ne vous regarde pas, posez une main sur son épaule pour créer le contact.

 3. L’équilibre : empathie + fermeté bienveillante

a) Accueillir l’émotion

Pour faire preuve d’empathie envers votre enfant, il est essentiel d’accueillir ses émotions.

Accueillir les émotions de son enfant c’est poser des mots sur ce qu’il ressent : « Je vois que tu es très en colère »

 b) Maintenir la limite

Une fois que l’émotion a été accueilli, il est important de rappeler la limite (si celle-ci a été franchie) :

« Mais je ne peux pas te laisser taper »

 c) Accompagner la solution

Le jeune enfant n’est pas en capacité de trouver une solution pour gérer son émotion. Il est donc important que vous accompagniez votre enfant pour trouver une solution : « On peut trouver une autre façon de montrer ta colère »

 4. Exemples concrets du quotidien

a) Crise au supermarché

Votre positionnement empathique : Reconnaître sa frustration

Votre positionnement pour respecter la limite : Ne pas acheter le produit demandé

b) Refus de se coucher

Votre positionnement empathique : Comprendre son envie de rester avec vous

Votre positionnement pour respecter la limite : Maintenir l’heure du coucher

ATTENTION : Cela ne signifie pas que vous devez le laisser pleurer dans son lit. Certain soir votre enfant aura besoin de votre présence pour s’endormir en sécurité.

c) Colère ou coups

Votre positionnement empathique : Accueillir la colère

Votre positionnement pour respecter la limite : Stopper immédiatement la violence. 

6. Les erreurs courantes des parents

  • Céder pour éviter le conflit : Votre enfant ne cessera pas de vous aimer parce que vous n’êtes pas d’accord avec son comportement.
  • Poser des limites uniquement quand on est à bout : Votre enfant le sent et comprend que la limite est un aveu de faiblesse.
  • Donner trop d’explications dans un moment de crise : Votre enfant n’est pas en état pour autant de « bla-bla ». Des mots simples, des phrases courtes et si besoin un câlin suffisent
  • Manquer de cohérence entre adultes : Si l’un de vous dit « non », il est important que votre enfant entende le même discours de la bouche de ses deux parents.

 7. Conseils pratiques pour les parents

  • Nommer les émotions : Je vois que tu es… (colère, peur, tristesse, joie…)
  • Poser des limites courtes et claires.
  • Rester calme (autant que possible) : Vous énerver fait monter d’avantage la tension
  • Répéter les règles avec constance : Les enfants ont besoin d’entendre la limite plusieurs fois avant de l’assimiler.
  • Réparer après les conflits : On se demande pardon, on se fait un câlin, on se dit qu’on s’aime.

Conclusion

Les trois points à retenir :

  • L’enfant a besoin d’un parent qui comprend ET qui guide.
  • L’empathie nourrit la relation.
  • Les limites construisent la sécurité.

Chers parents, un cadre posé avec empathie est l’un des plus beaux cadeaux éducatifs que l’on puisse offrir à son enfant.

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