Aujourd’hui, les écrans sont omniprésents dans le cadre familial mais également dans le cadre scolaire.
Portable, tablette, ordinateur, télévision… dès le plus jeune âge les enfants des années 2020 y sont confrontés.
De l’école maternelle au lycée, les programmes scolaires inscrivent la nécessité d’acquérir et de maîtriser des compétences numériques.
Parallèlement à cette réalité, grand nombre de chercheurs et de médecins tirent la sonnette d’alarme pour dénoncer les dangers des écrans.
Alors que faire ?
Interdire les écrans ou fermer les yeux ?
Comme pour beaucoup de sujets, la solution à cette question n’est pas toute noire ou toute blanche. Il faut trouver un équilibre. En effet, poser un cadre équilibré, réaliste et éducatif permettrait d’apprendre aux enfants à utiliser les écrans intelligemment et avec parcimonie.
Dans cet article nous allons :
- Comprendre la place des écrans dans la vie des enfants.
- Adopter une approche éducative plutôt qu’interdite
- Construire un équilibre numérique au quotidien
- Enumérer les bonnes pratiques pour les 0-6 ans
- Enumérer les outils et ressources utiles pour les parents.
Alors qu’il y a 44 ans une télévision était allumée en moyenne 3h53 par jour par foyer, quelle est aujourd’hui la place de l’écran pour les enfants ?
1 Comprendre la place des écrans dans la vie des enfants
a. Les écrans : un outil devenu incontournable
Les écrans sont partout et nous les utilisons pour tout. Que ce soit à l’école, à la maison, pour les activités culturel (le cinéma) mais aussi pour entretenir le lien social, les écrans répondent à tous nos besoins.
Toutefois, il existe deux sortes de consommation des écrans. La consommation passive et la consommation active.
Exemple : La consommation passive va être regarder en boucle des vidéos sur internet. La consommation active va être de visionner une vidéo sur un sujet précis qui sera suivi d’une discussion.
Qu’on se le dise tout de suite, l’usage des outils numériques peut être bénéfiques pour les enfants.
En effet, les écrans favorisent certains apprentissages et ils permettent l’accès à des savoirs.
Les écrans permettent un accès à une grande quantité de ressources éducatives et d’informations. Des logiciels spécialisés ont été créés afin de faciliter l’apprentissage pour les enfants en situation de handicap.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser certaines applications et certains logiciels permettent aux enfants de stimuler leur créativité, de stimuler leur développement cognitif et de favoriser les interactions sociales.
Enfin, l’utilisation des écrans encourage les enfants à être des apprenants autonomes capables de rechercher des informations, poser des questions et trouver des réponses par eux-mêmes.
b. Pourquoi les enfants sont particulièrement attirés par les écrans
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les écrans sont très excitants pour le cerveau. Donc un enfant qui aura passé plusieurs heures devant son écran sera excité. En effet, lorsque votre enfant regarde un dessin animé le rythme auquel défile les images et les sons vont solliciter certaines zones du cerveau et produire de la dopamine. Cela va envoyer le message au cerveau que cette activité procure une récompense. Plus le cerveau en sera nourri, plus il en redemandera. Il est donc important de faire attention au rythme des dessins animés que vos enfants regardent en particulier pour les tout-petits.
c. Les risques d’un usage non encadré
Beaucoup de recherches des neurosciences traitent de ce sujet. Il a été démontré qu’un usage régulier et non accompagné peut ralentir le développement de certaines fonctions essentielles, en particulier chez les tout-petits.
Sur des enfants en bas âge, une très grande exposition aux écrans peut entrainer les conséquences suivantes :
- Une moins bonne motricité à l’entrée à l’école (l’enfant n’a pas suffisamment utilisé son corps les premières années de sa vie)
- De faibles habilités sociales (manque d’interaction)
- Des capacités cognitives moins élevées
- Un mauvais contrôle des émotions et des comportements (agressivité/passivité)
- Des difficultés d’attention
- Des problèmes de sommeil
- Une mauvaise estime de soi
- Des problèmes de santé (surplus de poids, obésité, fatigue, maux de tête , myopie, problème de posture…)
2 Adopter une approche éducative plutôt qu’interdite
a. Définir des règles claires et réalistes
Afin que les temps d’écran soient existants mais sans danger et sans excès pour les enfants, il est important d’instaurer un cadre clair qui évoluera au fur et à mesure que l’enfant grandit.
Tout d’abord, vous devez réfléchir vos règles en fonction du temps « acceptable » que votre enfant peut passer devant un écran selon les sources et recherches médicales.
A retenir :
- De 0 à 3 ans : Pas d’écran (sauf appel vidéo)
- De 3 à 6 ans : Maximum 30 min
- De 6 à 9 ans : Maximum 1h
- De 9 à 12 ans : Maximum 1h30
- 12 ans et plus : Maximum 2h
Ensuite, il est essentiel que ces temps d’écran soient cadrés par des horaires et qu’il y ait des temps « sans écrans » dans la journée.
Exemple : Les jours d’école il n’y a pas d’écran et les jours sans école les écrans sont possibles de 10h à 10h30 et de 15h à 15h30.
Afin que vos enfants soient en accord et au clair avec les règles que vous instaurez à la maison, vous pouvez les conviez à choisir avec vous les règles.
Exemple : Tu préfères que les écrans soient autorisés le matin ou l’après-midi ?
Vous leur donnez des choix qui n’aurons pas d’incidence sur leur santé. Cependant, de pouvoir choisir et participer au débat donne à l’enfant le sentiment d’être considéré, cela va alors produire en lui de la fierté et contribuer à développer la confiance en soi et à le responsabiliser.
Vous pouvez ensuite rédiger un contrat familial numérique qui vous servira en cas de crise.
Vous pourrez ainsi rappeler à votre enfant que vous en avez discuté et qu’il/elle a fait un choix.
b. Donner l’exemple en tant que parent
Toutefois, si vous souhaitez que le contrat fonctionne, vous devez, vous aussi vous soumettre à un cadre afin d’être cohérent avec les règles familiales.
Par exemple, si la règle est : pas d’écran à table, il doit y avoir ZERO écran à table. Donc on range portable et tablette et on éteint la télévision.
Si votre enfant fait un temps calme sans écran et que c’est temps calme pour toute la famille, toute la famille doit faire temps calme sans écran.
Tous ces moments sans écrans sont des opportunités de passer du temps en famille et de se créer des souvenirs.
Vous pouvez, par exemple, décider que le vendredi soir devienne une soirée familiale de jeux de société et qu’aucun écran est toléré.
Surtout n’oubliez pas, quoi que vous mettiez en place il est important de dialoguer !
3 Construire un équilibre numérique au quotidien
a. Encourager les alternatives hors écran
Lorsque votre enfant doit passer du temps sans écran vous pouvez lui proposer différentes activités selon votre budget et les commodités dont vous disposez.
Ce peut être des activités physiques :
- Sortir au parc
- Espace de loisir pour enfant (châteaux gonflables)
- Piscine municipale
- Sortie à vélo
- Promenade en forêt ou à la mer …
Ce peut être des activités culturelles
- Musée
- Médiathèque
- Théatre
- Spectacle musical
Ou ce peut être une activité créative :
- Cuisine
- Atelier manuel (peinture, dessin, pâte à modeler, gommettes…) (Vous trouverez beaucoup d’idées d’ateliers créatifs sur ce blog 😉)
- Cours de dessin …
Pour sa construction et son bon développement l’enfant à aussi besoin de temps de « jeu libre ». Ces temps de jeu vont lui permettre de découvrir le monde qui l’entoure, de se l’approprier et de se construire. On parle ici de jeu de construction, de jeu symbolique (poupée, dinette, établi…)
Les enfants ont aussi besoin de créer du lien par les relations sociales pour se construire. Il est donc intéressant que votre enfant ait des moments de jeu avec ses pairs à l’école et en dehors de l’école.
b. Apprendre à gérer les émotions sans écran
Souvent, l’écran est vu comme la solution pour enrailler chez votre enfant ennui, frustration et stress. L’écran devient en quelque sorte « un outil d’apaisement ».
Or comme nous l’avons vu précédemment, l’écran va surstimuler le cerveau lui envoyant de la dopamine. L’effet est donc inverse. Pour le coup, l’écran est un faux ami.
Alors comment faire ?
Si une surcharge émotionnelle survient avant que l’enfant ne soit installé devant l’écran, gérez la crise et assurez vous qu’il/elle soit totalement revenue au calme avant d’allumer un écran.
Comment faire ? On pose les mots sur les maux. (Je vous invite à lire l’article que j’ai écrit sur l’intelligence émotionnelle pour approfondir le sujet)
Si votre enfant est calme et que la surcharge émotionnelle survient à la fin du temps d’écran, idem, on pose les mots sur les maux et on se sert du contrat familial numérique pour rappeler le cadre à l’enfant.
Je vous conseille également de ne pas laisser votre enfant seul lors du passage au jeu libre. Il a besoin d’être accompagné dans cette transition entre temps avec écrans et temps sans écrans. Jouez avec lui/elle ou proposez-lui une activité (même juste 10 minutes) .
4 Les bonnes pratiques selon l’âge de l’enfant
a. De 0 à 3 ans
L’idéal est que l’enfant n’est pas du tout d’écran. Cependant, si à partir de 2ans, votre enfant regarde un dessin animé de moins de 10 minutes occasionnellement, ça ne va pas perturber son développement. L’essentiel est de ne pas en faire une habitude.
D’autre part, votre enfant peut aussi participer à des appels en visio. Contrairement aux dessins animés, l’appel en visio permet une vraie interaction.
- De 3 à 6 ans
De 3 à 6 ans de nombreuses actions peuvent être mises en place :
- Respecter et faire respecter aux enfants les temps d’écran conseillés par les médecins
- Pas d’écran au réveil, aux repas, avant de dormir et dans la chambre.
- Choisir un programme « intelligent » et adapté à l’âge de l’enfant.
- Rester près de votre enfant lorsqu’il est devant un écran, n’hésitez pas à discuter avec lui sur ce qu’il a vu.
- Prévenez votre enfant quelques minutes avant d’éteindre que le temps d’écran est bientôt terminé.
- Encourager votre enfant à éteindre les écrans de lui-même.
- Assurez-vous que ce que visionne votre enfant respect les valeurs familiales
- Choisissez l’émission en fonction de l’âge du plus jeune enfant présent.
- Favorisez les applications qui demandent à l’enfant de réfléchir
- Choisissez des applications qui favorisent l’interaction sociale
- Ne laissez pas votre enfant regarder des émissions destinés aux adultes.
5 Outils et ressources utiles pour les parents
Afin d’éviter tout débordement ou dérapage, il est important d’avoir un regard et un suivi sur le programme de nos enfants (quel que soit leur âge)
Ce contrôle vous l’avez en :
- Imposant un temps d’écran
- En filtrant les contenus que vos enfants peuvent visionner
- En installant le contrôle parental sur l’ensemble des appareils numériques du foyer.
- En permettant le dialogue autour de ce que votre enfant regarde.
Si en lisant cet article vous vous dites que vos enfants sont trop exposés aux écrans, ne culpabilisez pas ! Il n’est jamais trop tard pour instaurer un cadre et créer de nouvelles habitudes.
Déjà, assurez vous que le développement de votre enfant est normal.
Voici ce qui est considéré comme signes d’alerte :
- Une masse corporelle supérieure à la moyenne
- Des problèmes cardiovasculaires
- Troubles de l’attention
- Troubles oculaires et visuels
- Troubles musculosquelettiques
- Troubles du sommeil
- Dépendance aux écrans
- Problèmes d’estime de soi et de l’image corporelle
- Troubles mentaux
Si vous reconnaissez votre enfant ou que vous avez un doute, voici les professionnels et ressources d’accompagnement à contacter :
- Votre médecin traitant
- Un/une psychologue ou psychiatre
- Un centre spécialisé en addictologie
- Certains Centres Médico-Psychologiques (CMP)
- Pour les 12-25 ans les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC)
En conclusion
L’usage des écrans est nocif pour le développement des enfants dès lors qu’il est excessif et mal encadré. Un usage réfléchi, adapté et progressif est au contraire bénéfique pour ces derniers.
Il est donc essentiel de réfléchir et de structurer ce questionnement des écrans au quotidien.
Toutefois, pour que le cadre fasse sens chez l’enfant, il faut que l’adulte soit constant, cohérent et ouvert au dialogue. Si vous souhaitez être accompagnés sur cette question des écrans la Mallette de Lucile vous offre 30 minutes d’entretien lors de votre premier rendez-vous.
A bientôt, Dans la Mallette de Lucile 🦊✨








