Des pleurs retentissent au rayon jouets, une crise éclate au moment d’enfiler les chaussures pour aller à l’école, ou un refus catégorique de manger les légumes tourne à l’affrontement… Tout parent a déjà traversé ces moments où la tension monte en quelques secondes (même les professionnel(le)s😅 ). Face à ces « tempêtes émotionnelles », notre premier réflexe est souvent la réactivité : hausser le ton, s’impatienter, punir ou se sentir totalement dépassé.
Pourtant, la clé pour apaiser son enfant réside d’abord dans notre propre capacité de régulation. Mais comment garder son calme quand tout chavire autour de nous ? Voici des clés concrètes issues des neurosciences et de la psychologie de l’enfant pour naviguer sereinement à travers les crises.
Comprendre le cerveau en tempête
Pour mieux réagir, il est essentiel de comprendre ce qui se passe dans la tête de votre enfant. Chez les plus jeunes (et jusqu’au début de l’âge adulte), le cerveau préfrontal (responsable de la réflexion, de la logique et du contrôle des impulsions) est encore en plein développement.
Lorsqu’une crise survient, c’est le système limbique (le centre des émotions et de la survie) qui prend totalement le contrôle. L’enfant n’est pas « capricieux » ou « manipulateur » à ce moment-là : il est physiquement submergé par une vague hormonale et émotionnelle qu’il ne sait pas traiter seul. Comme je le dis souvent : Il ne fait pas une crise, il vit sa crise !
Le concept clé : la co-régulation :
Un enfant ne peut pas apprendre à se calmer seul (auto-régulation) sans avoir été préalablement apaisé par un adulte de confiance (co-régulation). Vous êtes le phare qui l’aide à ramener son bateau à bon port.
Le secret : La régulation du parent d’abord
On ne peut pas éteindre un feu en y ajoutant du carburant. Si vous vous énervez, le système nerveux de votre enfant perçoit votre colère comme une menace supplémentaire, ce qui intensifie sa crise.
Voici 3 étapes pour garder votre sang-froid au cœur de l’orage :
Activez votre bouton « Pause »
Dès que vous sentez la tension monter dans votre corps (mâchoires crispées, cœur qui accélère) :
- Prenez une grande inspiration abdominale (4 secondes d’inspiration, 6 secondes d’expiration).
- Ancrez vos pieds au sol.
- Répétez-vous une phrase mantra : « Ce n’est pas mon éducation qui fait défaut, c’est une phase de son développement » ou « Il ne me provoque pas, il souffre ».
Baissez le ton et la taille
- Mettez-vous à sa hauteur physiquement en vous accroupissant.
- Parlez plus lentement et plus bas. Le calme est aussi contagieux que le stress.
Validez l’émotion sans valider le comportement
Distinguez l’émotion (toujours légitime) du comportement (qui a ses limites) :
❌ « Arrête de pleurer pour rien ! »
✔️ « Je vois que tu es très en colère parce qu’il faut partir du parc. Je comprends que ce soit difficile de s’arrêter de jouer MAIS tu n’as pas le droit de me (mordre/taper). »
La boîte à outils post-tempête
Une fois le calme revenu, l’épisode n’est pas tout à fait terminé. C’est après la crise que les apprentissages se font :
- Restaurez le lien : Offrez un câlin ou un moment de reconnexion au calme. L’enfant a besoin de savoir que votre amour n’est pas conditionné à son bon comportement.
- Revenez sur l’événement (à froid) : Attendez que le cerveau préfrontal soit de nouveau en ligne (souvent plusieurs dizaines de minutes après). Reprenez ce qui s’est passé avec des mots simples ou à travers un dessin/une histoire.
- Cherchez des solutions ensemble : »La prochaine fois que tu te sens très en colère, que pourrions-nous faire pour t’aider ? » (taper dans un coussin, souffler sur une bougie imaginaire, etc.).
En conclusion : La bienveillance envers soi-même
Garder son calme 100 % du temps est une illusion. La parentalité est un apprentissage continu, et il vous arrivera de perdre patience. L’important n’est pas d’être un parent parfait, mais un parent réparateur. Si ça déborde pour vous aussi créer une séparation entre vous et votre enfant (isolez-vous quelques minutes dans la cuisine ou votre chambre). Revenez vers votre enfant une fois apaisé, formulez des excuses et réexpliquez la situation, si vous avez crié. Vous lui montrerez ainsi l’exemple parfait de ce qu’est la gestion des émotions.
A bientôt, Dans la Mallette de Lucile 🦊✨








